Distillerie Glengoyne : Interview de Antony Mc Callum, Rare Malt Manager

Distillerie Glengoyne

Distillerie Glengoyne

La distillerie Glengoyne, située en Ecosse dans la région des Highlands, distille depuis 1833. Elle propose une belle gamme de whiskies qui se caractérisent par un style non tourbé.

Dans une interview à retrouver dès maintenant sur le Blog du Whisky du Monde, Antony Mc Callum, Rare Malt Manager, lève le voile sur le style et l’importance du vieillissement pour la distillerie Glengoyne.

La distillerie Glengoyne est située au Sud des Highlands juste à la frontière avec les Lowlands. Comment cette situation particulière influence t-elle son style ?

Glengoyne est située à 20 km de Glasgow, la distillerie vendait autrefois son whisky pour les blends et pour la consommation des habitants de cette ville, demandeurs d’un whisky doux, délicat et raffiné. Le style de Glengoyne, est également lié à l’absence de tourbe au pied de la colline de Dumgoyne, terroir de la distillerie. Le fermier privilégiait donc le bois et le charbon pour sécher l’orge maltée après germination, selon la méthode traditionnelle des Lowlands. L’influence des Highlands réside quant à elle dans la double distillation toujours utilisée à Glengoyne tandis que les distilleries des Lowlands préfèrent la triple distillation.

En quoi l’absence de tourbe influence votre distillation ?

Nous utilisons une ancienne variété d’orge, la Golden Promise, qui donne un distillat plus doux avec des arômes de pomme et de caramel et que la tourbe risquerait de masquer. Aussi notre distillation est particulièrement lente, jusqu’à 8 heures au lieu de 4 en moyenne. Cette chauffe progressive prolonge le contact de la bière et de l’alcool avec le cuivre des alambics. Les reflux des vapeurs d’alcool sont très importants, prolongeant encore ce contact. Nous ne coulons que 5 litres de whisky par minute contre 15 dans d’autres distilleries. Notre single malt est ainsi libre de tous congénères lourds et de notes soufrées. la qualité du distillat est pour nous primordiale !

Le vieillissement est également un point sur lequel vous portez attention tout particulièrement.

Nous sélectionnons des chênes provenant du Nord Ouest de l’Espagne, où ils sont séchés à l’air libre pendant deux ans puis débités en merrains. Après trois années supplémentaires, ils sont expédiés à Jerez dans le sud du pays où ils sont assemblés en fûts de 500 litres, les Spanish oak butts. Les douelles sont moyennement chauffées (et non brûlées) pour qu’elles puissent relâcher leur arôme de caramel, de chocolat et d’épices douces. Pendant deux à trois ans, le vin de Xérès oloroso va vieillir dans ces fûts apportant de nouveaux arômes et sa couleur au chêne. Le chêne européen étant plus poreux que le chêne américain, il favorise les interactions entre le whisky et le fût. Ce type de maturation donne ses notes riches, boisées et fruitées à Glengoyne mais est aussi particulièrement long et onéreux; ce pourquoi il est un procédé rare comparé au vieillissement traditionnel en fût de bourbon.

Source : Dugas

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Les différentes régions de production de whisky en Ecosse

Les différentes régions de production du whisky écossais

Le Speyside, les Lowlands, les Highlands, Campbeltown, l’île d’Islay et les îles sont les six régions principales qui produisent du whisky en Ecosse. Ces régions d’Ecosse totalisent à elles seules près de 90 distilleries : c’est la plus grande concentration de distilleries dans le monde. Chacune de ces régions affiche un style propre et unique.

Je vous propose d’esquisser un inventaire des principales caractéristiques de chaque région de production ainsi que d’en citer les distilleries emblématiques.

Les différentes régions de production de whisky en Ecosse

Les différentes régions de production de whisky en Ecosse

Le Speyside

La région du Speyside (que l’on prononce spissi) se situe entre entre Inverness et Aberdeen. Elle est traversée par la rivière Spey et concentre le plus grand nombre de distilleries de whisky parmi les plus prestigieuses. On considère aujourd’hui cette région comme le cœur de la production de whisky.

Les distilleries : Glenfidich, Balvenie, Dufftown, Macallan, Glenlivet, Tamdhu, Benriach, Aberlour, Glenrothes

Caractéristiques principales des whiskies du Speyside : Un style unique et élégant, tout en rondeur et douceur. Le bouquet est riche et explore les notes fruitées.

Les Highlands

Comptant un grand nombre de paysages à couper le souffle, la région des Highlands est l’une des plus belles régions d’Ecosse. Les Highlands comptent une vingtaine de distilleries en activité.

Les distilleries : Dalmore, Oban, Glenmorangie, Aberfeldy…

Caractéristiques principales des whiskies des Highlands : Notes de sel, de genêts, d’épices et de tourbe.

Les Lowlands

Cette région d’Ecosse débute à la frontière de l’Angleterre jusqu’à Glasgow et Dundee. Il reste peu de distilleries dans cette région, quatre en tout.

Les distilleries : Aisla Bay, Glenkichie, Bladnoch, Dumbarton.

Caractéristiques principales des whiskies des Lowlands : Les malts ne sont pas tourbés, ou si peu. Style délicat et frais. Notes herbacées et florales.

Campbeltown

Campbeltown est située à la pointe de la presqu’île de Kintyre, à l’ouest des côtes écossaises. Elle est considérée comme une région de production à part entière et compte quatre distilleries.

Les distilleries : Springbank, Hazelburn, Longrow, Kilkerran

Caractéristiques principales des whiskies de Campbeltown : Caractère fortement marin, notes de bruyère et boisées.

Les Islay

Située à l’extrême ouest de la côte écossaise et de la presqu’île de Kintyre, l’île de Islay (que l’on prononce ei-la) compte de très nombreuses distilleries et à ce titre, est considérée comme une région de production à part entière avec un style bien à elle.  L’île d’Islay est balayée par les vents  et les tempêtes.

Les distilleries : Lagavulin, Ardbeg, Laprhoaig, Bowmore, Caol Ila, Bunnahabhain, Bruichladdich.

Caractéristiques principales des whiskies de l’île d’Islay : Malts marqués par la fumée et l’iode.

Les îles

Elles sont au nombre de cinq : l’île de Mull, l’île de Jura, l’ile d’Arran, l’île de Skye et les Hébrides. Elles se situent sur la côté ouest de l’Ecosse de part et d’autres de la presqu’île de Kintyre.

Les distilleries : Talisker ( l’île de Skye), Arran, Jura

Caractéristiques principales des whiskies des îles : Style très marin, végétal et boisé. Talisker se distingue par des notes fumées et poivrées.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. Sachez apprécier et consommer avec modération.

Distillerie White Oak : Interview de M. Mikio Hiraishi, propriétaire

distillerie-white-oakLe whisky Tokinoka est un whisky japonais, un blend, élaboré par la distillerie White Oak. Précision, équilibre des arômes, texture délicate, en voici les principales caractéristiques.

Dans une interview à retrouver dès maintenant sur le Blog du Whisky du Monde, M. Mikio Hiraishi, propriétaire de la distillerie White Oak, nous raconte les origines du whisky japonais, nous explique la manière dont sont élaborés les whiskies à la distillerie White Oak et plus particulièrement le whisky Tokinoka.

Comment est née l’idée de produire du whisky au Japon ?

La société Eigashima, propriétaire de la distillerie White Oak, est à l’origine d’une maison productrice de saké fière d’une longue tradition datant de 1679. Elle fut la première à embouteiller le saké en 1899. Notre société est aussi pionnière dans l’histoire de la production du whisky au Japon avec l’obtention de la première licence de production en 1919. A cette époque, soit plus de 60 ans après l’ouverture au Japon aux échanges internationaux, les alcools occidentaux commençaient à arriver sur le territoire. Les japonais ont été rapidement intéressés par ces nouveaux produits mais leurs variantes locales ne se sont presque pas vendues. Durant la Seconde Guerre Mondiale, nous avons connu notre pic de production avec 45 000 litres par an. Ce n’est qu’en 1961 que nous avons commencé à produire notre propre whisky de malt, avec des alambics de fabrication japonaise. Outre le saké, nous produisions déjà des vins et des brandies, ainsi que des shoshus, la famille japonaise des eaux-de-vie de grain et de patate douce. Nos techniques sont inspirées de celles du shoshu et du saké, ainsi que savoir que nous avons puisé dans les livres sur le whisky écossais.

Comment produisez-vous vos whiskies aujourd’hui ?

Notre distillerie est située dans la ville d’Akashi dans la préfecture de Hyogo, donnant sur la mer intérieure du Japon. Ce site est réputé de longue date pour la qualité de son eau et les maisons de saké y ont toujours prospéré. Nous importons de 20 à 30 tonnes d’orge d’Ecosse et consacrons presque deux mois par an à la production de single malt. Ce n’est qu’à partir de 1984 avec la construction d’une nouvelle distillerie que nous avons en avons produit en quantité dans un style proche des écossais, année durant laquelle la production de whisky japonais à connu un véritable boom. Conformément aux traditions écossaises, nous utilisons des levures de culture sous forme liquide et non des levures sèches et seules nos cuves de saccharification (mash tun) et cuve de filtration (lauter tun) sont un peu différentes.

Comment avez-vous créé Tokinoka et que signifie Tokinoka ?

Avec Tokinoka, j’ai voulu produire un whisky dont la saveur serait nette et le nez relativement profond. J’accorde également beaucoup d’importance à l’équilibre de mes assemblages. Pour cela, j’utilise environ un quart de whisky de malt pour trois quarts de whisky de grain vieillis en fûts de chêne qui lui donne ses notes boisées. Tokinoka signifie littéralement le parfum du temps (de « toki« , le temps et « ka« , le parfum) puisque c’est le temps passé à vieillir qui donne à ce whisky son parfum et sa profondeur.

Propos recueillis par la société Dugas

Distillerie Bruichladdich : Interview de Jim MacEwan, Master Distiller

jim-mcewan-bruichladdichLa distillerie Bruichladdich, fondée en 1881 et située sur l’île d’Islay en Ecosse, n’en finit pas d’innover et de faire preuve de créativité avec des single malts comme le whisky Bruichladdich The Laddie Ten ou encore le whisky Port Charlotte Peat Project. Et tant d’autres whiskies encore…

Jim McEwan, Master Distiller de la distillerie Bruichladdich revient sur le récent rachat de la distillerie par le groupe Rémy Cointreau et lève le voile sur le style Bruichladdich dans une interview à découvrir dès maintenant sur le blog du Whisky du Monde.

Que change le récent rachat par le groupe Rémy Cointreau pour la vie de la distillerie ?

Rouverte le 29 mai 2001, Bruichladdich et son style unique sont revenus sur le devant de la scène après avoir failli disparaître définitivement en 1994. Une belle réussite mais qui connaissait certaines limites faute de financements importants. Une situation parfois frustrante même si je suis très content de ce que nous avons fait avec si peu de moyens et en si peu de temps. Aujourd’hui, Rémy Cointreau est une entreprise mondiale jouissant d’une très belle réputation. Ne possédant pas d’autres distilleries de single malt, nous attirons toute leur attention et ils nous offrent les moyens nécessaires pour nous amener là où nous avons toujours rêvé d’arriver. Ce rachat apporte également à tous les employés un avenir plus sûr et lumineux, ce qui n’est pas rien lorsque vous vivez sur une île ou les offres d’emploi sont rares.

Conservez-vous la même liberté de création ?

Le mandat que j’ai reçu était et continue d’être exactement le même : distiller un style ancien de whisky. La bonne nouvelle est que l’on m’incite à créer toutes sortes de produits uniques et passionnants pour l’avenir. Ce programme a déjà été mis en œuvre avec le lancement de notre série Scottish Barley. Pour moi, c’est la production et la création qui me font aller de l’avant et me donnent la satisfaction nécessaire pour garder ma passion et mon excitation pour le whisky vivantes. Une histoire d’amour qui dure depuis 50 ans et qui continuera aussi longtemps que la flamme brûlera. Je suis un « chasseur d’arc-en-ciel » et lorsque l’un d’eux disparaît je retourne dans le chai à la recherche du suivant. Je suis sans cesse impressionné par le fait que tous les fûts possèdent leur propre personnalité, à la manière des enfants d’une grande famille.  Mon travail consiste à tisser ces personnalités et a créé de nouveaux arcs-en-ciel pour la plus grande satisfaction des amateurs, qui restent les seuls juges de mes échecs et de mes succès.

Comment définiriez-vous le style Bruichladdich ?

Bruichladdich a toujours produit un magnifique distillat mais malheureusement avant la réouverture en 2001 les fûts utilisés n’étaient pas de la plus haute qualité. Par conséquent le whisky n’avaient jamais pu réaliser son plein potentiel. Ma première tâche a été de mettre le whisky dans de nouveaux fûts, une preuve d’amour pour le tonnelier que j’ai été. Maintenant notre whisky est comme Cendrillon se rendant au bal, élégant, sophistiqué avec une pureté préservée de tout caramel E150 ou de filtration à froid qui dépouillerait sa texture. Il a toute la fraîcheur marine et florale que seuls les Islay matures possèdent.

Propos recueillis par la société Dugas

The Irishman : Interview de Bernard Walsh, fondateur

Le fondateur de Irishman, Bernard Walsh, évoque dans une interview la création récente de la marque Irishman, (1999), caractérisée par un style novateur et classique. Côté apéritif propose entre autres le coffret whiskey The Irishman 10 ans.

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Comment avez-vous réussi à créer une gamme à la fois novatrice et traditionnelle ?

Nous sommes l’une des rares sociétés indépendantes à commercialiser du whiskey irlandais. Dès le départ, j’ai voulu créer des Irish Whiskeys uniques car l’offre était peu diversifiée pour l’amateur de whiskey. Je souhaitais aussi m’inspirer des styles populaires aux 18-19ème siècles, époque à laquelle l’Irlande était le premier producteur mondial de whisky devant l’Ecosse. C’était avant l’invention de l’alambic à colonne et du whisky de grain. Il me fallait trouver les deux whiskeys d’alors : single malt et single pot still, issus d’orge maltée et non maltée. Pour cela, nous avons reçu le soutien de l’équipe de la distillerie Midleton qui nous a donné accès à leurs chais. La qualité de leurs ingrédients et de leurs fûts, l’attention portée à chaque détail, m’a permis de créer des whiskeys authentiques, savoureux et complexes. Ces whiskeys pot still sont l’avenir du style irlandais.

Comment définiriez-vous le whiskey irlandais ?

L’Irish whiskey est traditionnellement distillé trois fois, ce qui lui confère une douceur incomparable. Aussi ce type de whisky préfère l’élevage en anciens fûts de bourbon. Enfin l’orge que nous utilisons n’est pas séchée à la fumée de tourbe. La combinaison de ces facteurs lui confère une grande accessibilité. Nous sommes l’exact opposé des malts tourbés de l’île d’Islay pourtant si proche géographiquement. Mais accessible ne veut pas pour autant dire simple. Au contraire, c’est une autre dimension avec une grande profondeur et de nombreuses facettes fruitées et épicées que l’on ne découvre vraiment qu’au fil des dégustations. Sans oublier que nos whiskeys, plus versatiles, intéressent beaucoup la nouvelle génération d’amateurs ouverte à tous les styles et les provenances. L’Irish whiskey est également un symbole national au même titre que le rugby : ce sont deux occasions où l’Irlande est réunifiée !

Verrons-nous bientôt un nouvel âge d’or de l’Irish Whiskey ?

Une date a marqué un tournant dans l’histoire du whiskey : 1988, avec le rachat d’Irish Distillers par Pernod Ricard. Avant cela, il avait quasiment disparu et les stocks étaient faibles. Depuis lors, la production irlandaise n’a cessé d’augmenter et de conquérir de nouveaux marchés. Evidemment, les Français se sont moins rendus compte de la progression irlandaise puisqu’on en trouve depuis longtemps dans les bars et les supermarchés ; mais la France et les USA sont nos deux premiers marchés à l’Export. C’est une véritable tendance à long terme qui encourage les projets de distilleries. Dans quelques années, il y aura plus de dix distilleries en Irlande.

Propos recueillis par Dugas

Distillerie Teeling : Interview de Jack Teeling, fondateur

distillerie-teelingLe whiskey Teeling, fraîchement arrivé sur la boutique en ligne http://www.cote-aperitif.com, brille par l’originalité de son élaboration, de ses arômes et de son packaging.

Jack Teeling, fondateur de Teeling Whiskey Company, nous parle de Teeling dans une interview à découvrir dès maintenant sur le Blog du Whisky du Monde.

Le récent achat de Cooley sonne-t-il le glas des Irish whiskeys indépendants ?

Aujourd’hui, les multinationales dépensent énormément pour faire renaître le whiskey irlandais mais elles auront besoin d’indépendants pour faire vivre la catégorie et lui redonner son éclat. Notre ambition est de devenir le leader des whiskeys indépendants et d’apporter choix et profondeur dans la gamme des Irish. Pour mieux défendre l’indépendance irlandaise, nous souhaitons fonder une nouvelle distillerie à Dublin pour recréer une grande partie des styles irlandais anciens, en jouant aussi bien sur la composition du moût que sur le nombre de distillation. Ainsi les amateurs pourront enfin découvrir le style original du Pot Still Whiskey de Dublin ! Mon ancêtre Walter Teeling possédait en effet en 1782 l’une des 38 distilleries de Dublin ; certaines d’entre elles sont devenues les plus grandes du monde au cours du 19ème siècle alors que le whiskey se consommait dans les plus beaux établissements à l’échelle internationale.

La triple distillation est-elle au cœur du style irlandais ?

Les principales marques de whiskey sont distillées trois fois et leurs efforts ont convaincu les consommateurs que le style irlandais a toujours été défini par ce type de distillation. Cependant, l’Irish whiskey a été autrefois produit de plusieurs façons. Notre famille a toujours privilégié le goût et la qualité plutôt que de suivre une idée préconçue. C’est d’ailleurs grâce à sa double distillation que Cooley, la distillerie où nous achetons nos fûts, produit un style de whiskey plus riche, équilibré et onctueux. C’est aussi grâce à son climat unique que l’Irlande produit un style de whisky plus doux.

D’où vient l’idée d’un affinage en fût de rhum ?

Pour l’instant, nous sommes des embouteilleurs indépendants et notre signature réside dans la sélection des meilleurs fûts associée à des techniques de vieillissement innovantes. A l’époque où nous travaillions à Cooley, l’une des expérimentations les plus remarquables était la finition en fûts de rhum, donnant une touche de mélasse au whisky sans pour autant en dominer les saveurs. Cette cuvée est constituée de plusieurs fûts de whiskeys d’âge différents mariés dans des fûts de rhum du Nicaragua pendant six mois. Le fait d’embouteiller ce whiskey à 46% sans filtration à froid nous permet de conserver toutes les saveurs du whiskey et du rhum. Cette petite cuvée est donc destinée aussi bien aux amateurs de whiskey irlandais souhaitant découvrir une expression plus savoureuse qu’aux experts en rhum en quête de nouvelles sensations.

Propos recueillis par la société Dugas

Distillerie Tamdhu : Interview de Sandy Coutts, directeur

whisky-tamdhuFondée en 1897, la distillerie Tamdhu, située en Ecosse dans la région du Speyside, a un long et beau passé derrière elle jusqu’à sa fermeture en 2010. En 2011, c’est la renaissance pour le plus grand plaisir des amateurs des single malts de la distillerie avec le lancement du whisky Tamdhu 10 ans.

Sandy Coutts, directeur de la distillerie Tamdhu, nous en dit plus sur cette renaissance dans une interview à découvrir dès maintenant sur le blog du Whisky du Monde.

Quelles transformations avez-vous vécues depuis le début de votre carrière ?

J’ai commencé à travailler à la distillerie Tamdhu le 7 décembre 1970, opérant à toutes les étapes de la production, des aires de maltage aux chais en passant par le moulin et les alambics, avant d’en devenir le directeur. Peu de choses ont changé à Tamdhu depuis sa création en 1897. Nos alambics ont toujours les mêmes tailles et formes, nos cuves de fermentation sont à nouveau en bois et nous privilégions la gravité plutôt que le pompage par économie d’énergie. En 43 années, j’ai été le spectateur privilégié d’une transformation majeure de l’industrie du whisky en Ecosse : les sociétés mettent davantage l’accent sur leurs single malts plutôt que sur leurs blends. Beaucoup de vieilles distilleries ont été remises en marche et de nouvelles ont même été construites ces dernières années. Tout cela grâce à l’intérêt croissant pour les single malts dans le monde et l’émergence de nouveaux marchés. Malheureusement Tamdhu a temporairement fermé en 2010 avec la décision d’Edrington (également propriétaire des distilleries Macallan et Highland) de restructurer sa production pour répondre à la récession globale. Avec le rachat par Ian Macleod Distillers, nous avons pu rouvrir en 2012 avec de nouvelles ambitions.

Quelles sont ces nouvelles ambitions pour la marque Tamdhu ?

Nous allons construire la marque au niveau mondial en élargissant la gamme pour que Tamdhu soit reconnu comme le single malt premium du Speyside. Mes ambitions personnelles pour Tamdhu sont en ligne avec celles de nos propriétaires et je vais me servir de toute mon expérience pour aider Ian Macleod à les atteindre.

Quelle est la recette de ce nouveau 10 ans d’âge ?

Nous n’utilisons que des anciens fûts de sherry pour cette nouvelle expression, la majorité ayant contenu de l’oloroso. Nous utilisons deux essences de chêne différentes : le chêne européen, classique pour les fûts de vins de Xérès, qui donnent une teinte plus foncée et des notes plus riches sur les fruits secs et les épices avec une charmante touche de fruits frais, comme le cœur d’un abricot et le chêne américain, à la teinte plus claire, avec une influence moins marquée du bois. Les fûts de sherry exigent une maturation plus lente mais conservent une remarquable fraicheur et vitalité, apportant au spiritueux une douceur vanillée presque sirupeuse. Nous utilisons également des fûts de second remplissage dans une faible proportion mais ils sont néanmoins très utiles pour éviter que le bois ne domine le whisky et aident à l’arrondir une fois les différents types de fûts assemblés.

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Springbank : Une distillerie de scotch whisky traditionnelle

Suivez nous en Ecosse dans le Campbeltown, je vous propose cette fois une visite guidée de cette distillerie de whisky exceptionnelle à plus d’un titre, qui produit de somptueux single malts.

Après l‘interview publiée le mois dernier, je vous propose cette vidéo qui permet d’apprécier l’aspect encore artisanal et familial de la distillerie Springbank qui commercialise les marques de whisky écossais Springbank, Hazelburn (triple distillation), Longrow. La notion d’identité, d’authenticité est ici portée à son paroxysme !

Whisky Deanston 12 ans - Double médaille d'or au Concours international de Spiritueux de San Francisco en 2013

Distillerie Deanston : Interview de Ian MacMillan, Master Blender

Fondée en 1965, la distillerie Deanston est une jeune distillerie située en Ecosse dans la région des Highlands.

Aujourd’hui, la distillerie Deanston élabore deux beaux single malts qui ont déjà été primés lors de différents concours internationaux : Whisky Deanston 12 ans et whisky Deanston Virgin Oak.

Ian Macmillan, directeur et Master Blender chez Burn Stewart, propriétaire actuel de la distillerie Deanston, nous parle de Deanston dans une interview à découvrir dès maintenant sur le Blog du Whisky du Monde.

Whisky Deanston 12 ans - Double médaille d'or au Concours international de Spiritueux de San Francisco en 2013

Whisky Deanston 12 ans – Double médaille d’or au Concours international de Spiritueux de San Francisco en 2013

Pourquoi Burn Stewart a-t-il acheté Deanston en 1990 ?

Deanston a été construite en 1966, c’est donc une distillerie relativement jeune en Ecosse. Sa production a été longtemps destinée exclusivement aux blenders. Lorsque Burn Stewart a été racheté par ses directeurs en 1988, nous avions besoin d’une distillerie pour être reconnus et pour nous servir de ses fûts comme d’une monnaie d’échange pour pouvoir développer nos propres marques de blends. Deanston était fermée depuis 8 ans quand nous l’avons acquise en 1990. Même si son niveau de stock n’était pas très important, sa capacité de production était suffisante pour notre activité à l’époque et son single malt n’avait pas encore été commercialisé. Bien que nous ayons lancé Deanston en tant que marque de single malt en 1991 avec un douze ans d’âge, ce n’est que très récemment, avec le lancement des versions non filtrées à froid, que Deanston a été reconnu comme un single malt de premier plan.

D’où vous est venue l’idée d’utiliser des fûts neufs comme pour la cuvée Virgin Oak ?

Même si le premier whisky que j’ai affiné en fûts neufs est le Bunnahabhain Darach Ur (« bois neuf » en gaélique), l’idée m’est venue en travaillant à Deanston. En effet, j’ai toujours pensé que le style doux et miellé de ce single malt tirait tous les bénéfices d’un passage en fût neuf du Kentucky, gagnant notamment en vanille.

Quel est l’intérêt de produire du whisky certifié bio ?

Nous avons commencé à produire du whisky bio à Deanston en l’an 2000 suite à la demande de l’un de nos principaux clients. Nous étions convaincus que la demande de ce type de produits allait croître puis sommes devenus membre de l’Organic Food Federation et avons obtenu la certification bio. Non seulement l’orge doit être issu de l’agriculture biologique mais les aires de maltage elles-mêmes doivent être certifiées ce qui fait que l’orge maltée coûte 75% plus cher. Son rendement étant moindre par rapport à l’orge maltée habituelle, nous ralentissons certaines étapes de la fabrication pour être certain d’en extraire le maximum. Nous produisons en bio à raison d’une semaine par an, soit environ 23 000 litres produits chaque année. Nous possédons ainsi probablement le plus grand stock de single malt bio d’Ecosse. En effet, beaucoup de distilleries concurrentes certifiées se sont découragées. Lorsque notre premier single malt bio sera lancé, espérons-le dans quelques mois, ce ne sera pas une édition limitée mais bel et bien une nouvelle expression de la gamme Deanston et un single malt 100% Perthshire comme les agriculteurs qui produisent notre orge se trouvent dans le même comté que la distillerie.

Propos recueillis par la société Dugas

Alambic - Distillerie Springbank

Distillerie Springbank : Interview de Gavin Mclachlan, Manager

Fondée en 1828, la distillerie Springbank est située dans la région de Campbeltown en Ecosse. Elle est aujourd’hui à la tête de deux autres distilleries : Longrow et Hazelburn.

Parmi les whiskies emblématiques de Springbank, on peut citer entre autres le whisky Springbank 10 ans, le whisky Springbank 15 ans, le whisky Springbank 18 ans, le whisky Hazelburn 8 ans

Alambic - Distillerie Springbank

Alambic – Distillerie Springbank

Curieux d’en découvrir plus sur la distillerie Springbank ? Découvrez dès maintenant l’interview de son directeur, Gavin Maclachlan.

D’où vient le style unique des whiskies de la région de Campbeltown ?

Campbeltown a toujours eu une réputation exceptionnelle par la qualité de ses whiskies, à la fois par leur texture huileuse, leur douceur fruitée et leur caractère salin. Les techniques de production d’alors, la qualité de l’eau du Loch Crosshill, le climat de notre presqu’île et donc les chais à proximité de la mer (environ 700 mètres pour Springbank) ont donné leur style unique aux whiskies de la région.

Quels sont les avantages d’une distillation indépendante ?

Nous contrôlons tout (du maltage à la mise en bouteille) et nos décisions sont rapides et efficaces puisque seulement une à deux personnes sont concernées à chaque étape. Pas besoin de réunion ou de comité. Nous suivons nos propres traditions pour produire le meilleur whisky possible; il est aussi important pour nous de maintenir le plus d’emplois possibles à Campbeltown. Ainsi 100% de la production se fait sur place, à commencer par le maltage de l’orge. Notre technique de fermentation longue à faible gravité, c’est-à-dire plus diluée, nous donne à la fois un taux d’alcool plus faible et une bière plus fruitée, un fruité d’ailleurs distinct des autres distilleries travaillant presque toutes en haute gravité. C’est plus coûteux mais le profit n’est pas notre raison d’être : nous ne produisons que 1 200 000 litres par an dans un style proche de celui d’il y a presque 200 ans. Nous restons une distillerie artisanale mais cela ne nous a pas empêché d’être l’une des premières à procéder à des maturations moins classiques.

Pourquoi utilisez-vous différents niveaux de tourbe et types de distillations ?

Les différents niveaux de phénols dans l’orge nous permettent de créer d’autres arômes et saveurs dans le produit fini, bien au-delà de la fumée. Longrow est notre single malt le plus fumé avec 50 ppm de phénols. Nous n’envisageons pas d’augmenter le niveau de tourbe car nous voulons conserver une fumée légère, douce mais longue en bouche. Springbank est moyennement tourbé avec des touches de pain d’épices, d’amande et de sel marin. Les malts de Campbeltown n’ont pas un caractère médicinal ou proche d’un antiseptique. Néanmoins tous les amateurs de whisky ne cherchent pas forcément ces arômes fumés et nos trois single malts ont chacun leurs propres saveurs. Ainsi Hazelburn n’est pas tourbé et possède des notes délicates de fruits et d’agrumes. De même, les différents types de distillation affectent les saveurs de ces whiskies. On considère souvent que plus un whisky est distillé et plus il devient doux et onctueux. On dit parfois que cela leur retire du caractère; il faut les déguster pour se faire un avis.

Propos recueillis par la société Dugas